ACte psychomagique

 

 

1) QU'EST-CE QU'UN ACTE PSYCHOMAGIQUE ?

2) LA GUERISON PAR L'ACTE PSYCHOMAGIQUE

3) L' ACTE PSYCHOMAGIQUE : LES ETAPES DU CHANGEMENT

 

QU'est -ce qu'un ACte psychomagique ?

 

Interview d’A. Jodorowsky, précurseur et initiateur de ce qu’il nomme : la psychomagie
ou comment guérir grâce et par un acte psychomagique.

"Le but de l’acte psychomagique est de nous sortir de la cage psychique dans laquelle notre famille, notre société et notre culture nous ont laissé. Il prétend éviter la répétition des problèmes dont ont souffert nos ancêtres, par conséquent il tente de casser les cercles vicieux dans lesquels nous sommes pris au niveau intellectuel, émotionnel, créatif-sexuel ou matériel.
C’est une réponse à la psychanalyse. La psychomagie propose de traiter quelque chose au moyen d’actes qui parlent directement à l’inconscient. J’utilise toute la tradition chamanique des sorciers et des guérisseurs que j’ai connus au Mexique, mais sans superstition." A.J

Un acte psychomagique est une tâche ou un travail à effectuer ?
« Un acte psychomagique, c’est comme donner un coup de pied affectueux au cul de la réalité. Cet élan que tu lui donnes, surprenant, le fait sortir de l’inertie et le met à danser. »


A quoi peut servir un acte psychomagique ?
Le but d’un acte psychomagique est de nous sortir de la cage psychique dans laquelle notre famille, notre société et notre culture nous ont laissé. Il prétend éviter de répéter les problèmes dont ont souffert nos ancêtres, par conséquent il cherche à casser les cercles vicieux dans lesquels nous sommes coincés au niveau intellectuel, émotionnel, créatif-sexuel ou matériel.


Mais mon problème est le mien. Que cela a-t-il à voir avec la famille ?
Nos problèmes ne sont pas individuels puisqu’ils concernent toute la famille. Quand nous prenons conscience de ces derniers, la famille évolue aussi. Pour sortir d’une difficulté il faut modifier en profondeur notre relation avec nous-mêmes et avec le passé.


Quelles relations observe-t-on entre la métagénéalogie et les actes psychomagiques ?
L’arbre généalogique est un système basé sur l’imitation et la répétition. Si nous ne nous libérons pas de nos chaînes au moyen de l’acte psychomagique, nous sommes condamnés à répéter les erreurs de nos ancêtres. Nous nous guérissons quand nous éliminons la répétition, quand nous la comprenons, ou nous la répétons mais d’une manière positive.


Quelle valeur a l’acte symbolique par rapport à la parole dans le processus de guérison ?
C’est une question d’émission-réception de message. Pour qu’un message arrive à sa destination et soit compris, il est indispensable que le code soit en adéquation avec le récepteur et que l’objectif soit le bon. Le mot appartient au conscient, à la raison, tandis que l’acte symbolique appartient à l’inconscient, à l’irrationnel. Simplement, les conflits ne sont pas emmagasinés sous forme de mots sur le plan de la raison, mais sous forme de symboles, comme le langage des rêves et sur le plan corporel. Pour pouvoir accéder à eux il faut utiliser la métaphore, pour que l’inconscient le comprenne, tandis qu’il faut agir sur eux avec le corps, pour accéder à l’endroit où ils sont réellement emmagasinés.


D’où vient l’acte et vers où va-t-il ?
L’acte vient de l’inconscient du psychomagicien, désidentifié de son Moi et dans une espèce de transe ou auto-hypnose. C’est un contact direct avec l’inconscient du consultant. Cette prescription atteint directement le centre du conflit de ce dernier.


Quelle relation s’établit entre le psychomagicien recommandant l’acte et le consultant  ?
Le consultant doit précisement faire l’acte qui lui est dicté par le psychomagicien, c’est pourquoi il doit le noter immédiatement, pour éviter des pertes de mémoire. Il arrive généralement que surgissent des résistances plus ou moins inconscientes pour ne pas l’effectuer, ou des tendances à inventer des modifications qui atténuent ce qui paraît d’entrée comme « impossible ». Le consultant, une fois l’acte réalisé, doit écrire au psychomagicien en lui disant quel était son conflit, quel acte il lui a recommandé, ainsi que son déroulement et le résultat de ce dernier.
Un acte psychomagique est à la fois irrationnel et rationnel : irrationnel en apparence, mais rationnel dans la mesure où la personne sait pourquoi elle doit l’effectuer. Ce ne sont pas les mots qui guérissent, mais les actes.


C’est une obsession de l’action. N’est-il pas suffisant de comprendre au niveau intellectuel ?
Les choses que nous éprouvons avec notre corps sont enregistrées pour toujours, par contre les mots… sont souvent emportés par le vent. Si après une prise de conscience nous n’agissons pas, dans le fond nous ne changeons pas.


De quelle façon conçoit-on ces actes ?
Le psychomagicien établit une communication avec le consultant qui va d’inconscient à inconscient. Il écoute son histoire,  monte son arbre généalogique et prescrit ensuite un acte qu’il considère approprié.


L’acte psychomagique est rédigé dans une langue comprise par notre inconscient ?
Un acte psychomagique est une mise en scène symbolique qui contient les clés de la solution au traumatisme à guérir. C’est la seule « langue » que l’on parle dans le royaume de l’inconscient, là où nichent les conflits.


Il serait très intéressant de disposer d’un dictionnaire d’actes psychomagiques. Existe-t-il quelque chose de la sorte ?
Un psychomagicien est un artiste thérapeute qui travaille avec l’intuition, c’est pourquoi il n’y a pas d’« acte type », ni de « super-marché de la psychomagie ». Il est certain que parfois, nous pouvons entendre ou lire des actes qu’ont effectué d’autres personnes et que quelque chose résonne chez nous, que nous décidions de le répéter et que finalement nous atteignons l’objectif attendu.


Quelle est la portée de cette curieuse démarche ?
La solution psychomagique comprend un secteur infini de conflits possibles à guérir, du traitement d’une dépendance, jusqu’à faire disparaître les verrues, parvenir à arriver à l’orgasme, prospérer économiquement ou à tourner un premier film.

 

 

L’ACTE PSYCHOMAGIQUE en quelques mots


1. Le consultant doit métaphoriquement réaliser les prédictions.
Avec leurs ordres ou interdictions, les parents enregistrent des mots dans la mémoire de leurs enfants qui agissent plus tard comme des prédictions ; le cerveau a tendance à les réaliser. Par exemple : « Si tu te caresses le sexe, quand tu seras plus grand tu seras une prostituée », « Si tu ne fais pas le même métier que ton père et ton grand-père, tu mourras de faim », « Si tu n’es pas obéissant, quand tu seras grand, tu iras en prison »… Ces prédictions, en arrivant à l’âge adulte, se transforment en une menace angoissante. La meilleure manière de se libérer d’elles, comme le lecteur verra en lisant les préscriptions, est de les effectuer en manière métaphorique. Cela veut dire, au lieu de fuir la menace, il faut s’abandonner à elle.


2. Le consultant doit faire quelque chose qu’il n’a jamais fait.
La famille, en complicité avec la société et la culture, nous crée des habitudes innombrables : nous mangeons un même type d’aliments, nous avons un nombre limité de préceptes, idées, sentiments, gestes et actions. Tout cela nous submerge. Pour guérir il faut changer de point de vue sur soi- même. Le Je qui souffre de la maladie est moins âgé que nous : c’est une construction mentale emprisonnée dans le passé. En nous libérant du cercle vicieux de nos habitudes, nous découvrons une personnalité plus authentique et, par là même, saine. Carlos Castañeda a dit a un grand chef d’entreprise, un de ses disciples, de s’habiller pauvrement et de vendre des journaux dans les rues de sa ville. L’occultiste. G.I. Gurdjieff a exigé d’un élève, fumeur endurci, qu’il abandonne le tabac. Tant que ne le ferait pas, il lui a interdit venir le voir. L’élève s’est battu pendant quatre ans contre son habitude, et quand il a finalement parvenu à la vaincre, très fier de son exploit, il s’est présenté face à l’enseignant. «  J’ai cessé de fumer !  », Gurdjieff lui a répondu : «  Maintenant fume ! ».
L’ancienne magie noire employait des amulettes confectionnées avec des produits répugnants (matières fécales, membres de cadavres humains, poisons d’animaux), considérant tout ingrédient impur – ce qui veut dire, inhabituel – comme des remèdes efficaces . De cette façon, les conseils de psychomagie emploient parfois des matières qui sont considérées comme sales ou intouchables par la majorité.

 

3. Le consultant doit comprendre que plus l’acte sera difficile à réaliser, plus il sera bénéfique.
Pour guérir ou résoudre un problème on a besoin d’une volonté de fer. Ne pas pouvoir faire ce que nous souhaitons, ni pouvoir ne pas faire ce que nous ne souhaitons pas,  provoque chez nous  un manque d'auto-estime profond, cause de dépressions et maladies graves. Combattre infatigablement pour obtenir un objectif qui paraît impossible développe notre énergie vitale.


4. Le consultant doit toujours terminer l’acte d’une manière positive.
Ajouter du mal au mal ne change rien. L’acte psychomagique doit être transformateur : la souffrance donne naissance à une fin aimable. La haine est un amour qu’on n’a pas reçu.
En lisant ces conseils, le consultant peut penser qu’il sera impossible de les réaliser à cause de témoins gênants ou de circonstances négatives. On a constaté que, quand débute un acte psychomagique, il se produit une  étrange relation entre l’intention individuelle et le monde extérieur.. L’endroit que l’on craignait voir envahi de curieux, au moment de l’acte, se retrouve vidé de toute présence. Ce que l’on imaginait impossible de se procurer, un voisin nous l’apporte, etc .La psychomagie est un accélérateur de guérison et un acte psychomagique est une chirurgie pour l’âme. Un contrat symbolique entre le psychomagicien et le consultant. Pour que cela fonctionne, un acte psychomagique doit être toujours appliqué de manière précise, point par point.

Comment définir un acte psychomagique ?
Un acte psychomagique est une mise en scène symbolique qui contient les clés de la solution du traumatisme à guérir. C’est la seule langue »que l’on  parle dans le royaume de l’inconscient, là où résident les conflits. Le mot et la raison ont un pouvoir limité, puisqu’ils ne s’accordent pas avec le récepteur de l' inconscient, dans lequel le vecteur le plus clair et le plus rapide est celui de la métaphore.


Quelle est la manière dont on conçoit ces actes ?
Les clés symboliques de l’acte parviennent au thérapeute après avoir analysé le consultant d’inconscient à inconscient. Il écoute son histoire, lit le Tarot de Marseille, s'adossant au Référenciel de naissance, monte son arbre généalogique et lui soumet un acte psychomagique à réaliser.

Alejandro Jodorowsky

 

 

la guérison par l'acte psychomagique

 

L'acte psycho-magique vient créer une expérience concrète et décisive qui fait que l'on ne peut plus être le ou la même après. Nous avons tous connu ce genre d'expérience, une fois dans notre vie, comme une borne temporelle, il y a un avant et un après; après, nous sommes différents…L'acte psycho-magique parle directement à l'inconscient, dans son langage, le langage métaphorique; fonction que remplissait nos anciens rituels de guérison.

 

 

l'acte psychomagique : les étapes du changement

 

Voici les 7 étapes psycholigiques que nous vivons , et par lesquelles nous passons face à des épreuves de vie et qu'un acte psychomagique peut vous aider à dépasser

Etape 1

– Le Choc : C'est une phase courte. L'annonce d'une rupture, conduisant à un constat, une annonce laisse la personne sans émotion apparente. Le terme de sidération peut tout à fait convenir pour qualifier la réaction de la personne face à l'information transmise. Exemple : « Je te quitte, c'est fini, vous êtes viré ».

Etape 2

– Le Déni : C'est le refus de croire l'information. Sont utilisés des arguments et la contestation. Le rejet de l'information fait place à une discussion intérieure ou/et extérieure. Il ne faut cependant pas croire que la brièveté de cette phase signifie qu'elle n'est pas importante. Certaines personnes s'enferment dans cet état de déni, de refuge (préserver la chambre du disparu intacte, continuer à mettre son assiette à table (etc). Exemple : « Ce n'est pas vrai, pas possible.... ».

Etape 3

– La colère et le marchandage : C'est la confrontation avec les faits qui va engendrer une attitude de révolte, tournée vers soi et vers les autres. c'est aussi une phase de marchandage qui peut prendre une tournure "magico-religieuse". On promet à une "entitée invisible" de ne plus faire telle ou telle chose si la situation originelle pouvait revenir. Les intensités peuvent être variables, selon la maturité affective de la personne. La pensée de la personne s'alimente de fortes contradictions. Elle peut s'emporter par ou s'enfermer dans le plus grand mutisme. Des pulsions de vengeance peuvent ainsi la pousser à avoir des comportements qu'elle ne comprend pas elle-même. En fait, la personne est confrontée à l'impossibilité d'un retour à la situation première. Elle doit faire le deuil, et passe par de nombreuses émotions : reproches, remords, ressentiments, dégoûts, de la répulsion, séduction ou agression. Exemple : «C'est de leurs fautes, ils n'ont jamais rien fait pour moi ».

Etape 4

– La tristesse : C'est un état de désespérance. « Ce n'est pas juste, pourquoi elle m'a fait ça à moi, qu'est ce que je vais devenir ? »

Etape 5

– La résignation : C'est l'abandon de cette lutte au cours de laquelle la personne peut avoir le sentiment d'avoir tout essayé pour revenir à la situation perdue. Elle n'a aucune visibilité de ce qu'elle peut faire. Elle agit au gré des circonstances. Cette résignation peut aussi se composer de rejet. Exemple : « C'est la vie, Dieu est en contrôle ».

Etape 6

– L'acceptation : Dans cette étape, la personne accepte la perte (de l'être cher, de la petite amie, ou du travail). En l'acceptant, elle est capable de garder les beaux moments mais aussi les moins bons. Elle commence à avoir plus confiance en elle, se sent mieux et l'avenir ne semble pas aussi noir qu'avant. Exemple : « J'y pense encore parfois, mais je m'en sors ».

Etape 7

– La reconstruction : l'acceptation seule ne suffit pas. Il faut reconstruire progressivement. La personne en deuil prend conscience qu'elle est en train de se réorganiser pour répondre aux obligations liées à toute vie en société. Se reconstruire amène à mieux se connaître, à découvrir ses ressources personnelles et à prendre conscience de son existence. Cette démarche développe la confiance en soi-même. Le sentiment de vulnérabilité fait place à une nouvelle énergie et, pour le croyant, une plus grande confiance en Dieu.